« Manger végétarien » peut être un acte militant, la manifestation d’une philosophie. Ou tout simplement une histoire de goût. Trop de végétariens entrent dans un restaurant en s’excusant de l’être, se déclarant prêts à manger ce qu’il y aura, du moment où il n’y a rien dans la recette qui ait entraîné la mort d’un animal.

Et, complices de cette attitude culpabilisée, trop de cuisiniers considèrent qu’un plat de cuisine végétarienne, c’est simple : on prend un plat « normal », on enlève la viande et on met plus de garnitures… Combien de végétariens n’ont jamais fait l’expérience, après avoir annoncé leur préférence, de se voir proposer un poisson en guise de plat végétarien ?

À la décharge de ces cuisiniers, on notera qu’aujourd’hui encore, on passe en CFA un CAP de cuisinier en deux ans sans jamais faire un plat de cuisine végétale…

Au Basilou, on tente de décloisonner les pratiques alimentaires. Il n’est pas nécessaire d’être végétarien pour déguster un plat de cuisine végétale ! Nous avons immensément de plaisir à cuisiner le végétal.

L’animal, c’est toujours un peu la même chose. On tourne sur le même type de saveurs, viandes ou poissons : il y a certes des nuances, fortes parfois, mais bien souvent c’est… la sauce qui fait la différence. Alors que le règne végétal offre des palettes de saveurs, de textures et de couleurs incroyables.

Au Basilou, la question végétarienne n’est pas « par quoi vais-je remplacer la viande ? », mais « cette salade Trévise, qui donne une incroyable amertume une fois cuite, comment ai-je envie de la mettre en scène ? »… Et notre tempeh maison, le seitan que l’on a préparé, comment les mettre en valeur ?
